Festival Tchaïkovski à Liège : le Trio Talweg

jeudi 20 mai 2010 par Richard Letawe
JPEG - 77.9 ko
Trio Talweg
DR

Pour son traditionnel festival de fin de saison, l’Orchestre Philharmonique de Liège a pris pour thème Tchaïkovski. Les inévitables trois dernières symphonies sont bien sûr au programme, de même que le concerto pour violon, mais les couplages font néanmoins preuve d’originalité, avec le concerto pour piano n°2 de Chostakovitch et le concerto pour alto de Schnittke. Se déroulant du jeudi au dimanche, le festival proposait aussi une soirée de musique de chambre, qui était dévolue au jeune Trio Talweg, qui se produisait devant un public fourni et remarquablement attentif.

Le Trio Talweg connaît bien la Salle philharmonique : il y a déjà joué en 2006, à cette époque le trio n’avait pas encore d’appellation, et l’un de ses membres, Sébastien Walnier a été pendant plusieurs années violoncelliste du rang de l’OPL, avant de devenir soliste dans l’Orchestre Symphonique de la Monnaie.

Le programme comprend naturellement le célèbre Trio « à la mémoire d’un grand artiste » de Tchaïkovski, mais aussi les plus rares Trio n°1 de Chostakovitch et de Trio élégiaque n°1 de Rachmaninov, deux œuvres de jeunesse, qui ont toutes deux connu un même sort après leur création, à savoir un oubli de plusieurs décennies avant d’être redécouvertes et d’intégrer de façon modeste le répertoire.

La dernière fois (et première d’ailleurs) que nous avions entendu les Talweg, à Horrues la saison dernière, nous les avions pris dans un mauvais jour. L’impression qu’ils laissent aujourd’hui est toute autre. Dans un répertoire qu’ils connaissent bien pour avoir déjà enregistré sur leur premier disque le Trio n°1 de Chostakovitch et le Trio de Tchaïkovski, ils font preuve d’une indéniable et convaincante maîtrise, autant dans la conception de leur interprétation que dans sa réalisation instrumentale.

Le trait le plus caractéristique de leurs interprétations de ce répertoire où on peut très facilement verser dans le mauvais goût est l’absence totale de sollicitation du texte, qui est ici exposé de la manière la plus simple et la plus fidèle, sans jamais forcer le trait, en cherchant toujours à être non pas neutre, mais sobre, dans un style élégant sans tomber dans la coquetterie, et dépouillé sans être austère, car la passion a tout loisir de s’exprimer.

Les trios de Rachmaninov et de Chostakovitch sont abordés avec un sérieux, une concentration et un sens de l’équilibre qui leur confèrent une noble pudeur. Le trio de Tchaïkovski est un marginalement moins réussi : très long, il impose une épreuve de force à ses interprètes, qui manquent un peu d’endurance dans le milieu des variations, où la conduite se fait moins ferme et moins décidée, et où les cordes commettent quelques légers dérapages. Ils se reprennent cependant à partir de la fugue, menée avec un bel esprit conquérant, et terminent le trio sur cet élan, dans un geste convaincu et engagé, toujours clair et sobre.

- Liège
- Salle Philharmonique
- 07 mai 2010
- Dmitri Chostakovitch (1906-1975), Trio n°1 en ut mineur Op.8
- Serge Rachmaninov (1873-1943), Trio élégiaque n°1 en sol mineur
- Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893), Trio en la mineur « A la mémoire d’un grand artiste » Op.50
- Trio Talweg : Alexandre Gurning, piano ; Sébastien Surel, violon ; Sébastien Walnier, violoncelle




Accueil du site | Contact | Plan du site | | Statistiques | visites : 294945

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Musique de chambre   ?    |    Les sites syndiqués OPML   ?

Site réalisé avec SPIP 2.0.10 + AHUNTSIC

Creative Commons License