
Curieusement annoncé comme une création alors qu’il fut joué du vivant de l’auteur, mais certainement oublié par la suite en même temps que tout le reste de son œuvre, l’opéra L’étranger de Vincent d’Indy est le deuxième opéra du XXeme siècle, après Les hauts de Hurlevent de Herrmann, à être ressuscité cette année dans une version de concert par le festival de Radio France et Montpellier Languedoc-Roussillon. Révélant non pas un chef-d’œuvre mais une œuvre révélatrice des interrogations de son temps, l’initiative est heureuse, d’autant que le niveau musical est plus que soutenu.
Mendelssohn et les Modigliani, c’est déjà une longue histoire. Il y avait l’opus 44 sur leur premier disque, et Mirare sortira fin août un CD qui contiendra l’opus 13 et l’opus 80, celui qu’ils jouaient à ce concert et qu’on avait entendu il y a un an à Cimiez. Mais on a beau connaître leur opus 80, ils font partie de ces musiciens avec lesquels il se passe toujours quelque chose en concert. Si on ajoute à cela le fait qu’ils l’ont justement enregistré récemment, on comprendra aisément que leur interprétation ne pouvait être une simple redite de celle de l’an dernier. Quant au Quintette à deux violoncelles de Schubert, on était évidemment très curieux de les y entendre, en outre avec François Salque, qui, en plus d’être un remarquable violoncelliste, est l’un de ceux qui ont contribué à les faire devenir ce qu’ils sont, à l’époque où il était membre du Quatuor Ysaÿe.

Dans une abbatiale de Saint-Riquier étonnamment peu remplie pour une telle affiche, le Jeune Orchestre Atlantique, orchestre de formation professionnelle pour jeunes musiciens se destinant à intégrer des ensembles jouant sur instruments anciens, se produisait sous la direction de Marc Minkowski, dont c’était la première apparition au festival.
Au lendemain de la visite d’Amandine Beyer et de son ensemble Gli Incogniti, le Festival Juventus programmait un concert où l’on retrouvait les lauréats Graf Mourja (1994), Nathan Braude (2008), Marie Hallynck (1996), Monique Simon (1994) et Ferenc Vizi (1995), accompagnés de quelques musiciens amis.

On pourrait ergoter longuement à propos de l’intérêt musical de l’arrangement de Webern du Ricercare de l’Offrande Musicale, à propos de la manière dont la direction de Peter Eötvös a su ciseler la pièce de Lachenmann ou des manques de cette même direction dans le premier mouvement du concerto n°1 de Brahms, mais un esprit majestueux a relégué au loin ces considérations : en ce concert, le piano de Maurizio Pollini était d’une telle hauteur de vue que rien d’autre n’a compté.

Pour sa sixième édition, le festival parisien Les Etés de la danse accueille le Ballet de Novossibirsk pour un mois dédié à Balanchine, puis aux classiques russes, Le Lac des cygnes et la Bayadère.
Quinzième anniversaire MUSICALTA avec un festival en deux temps forts : Rouffach au cœur du 23 au 27 juillet et Ballade dans le Pays du 28 juillet au 10 août.
Gilles Apap, Renaud Capuçon, Claire Désert, Tatjana Vassiljeva, Philippe Bernold, Augustin Dumay, Jean- Philippe Collard, Jérôme Ducros, Francis Duroy, Dana Ciocarlie, le Fine Arts Quartet, Anne Gastinel, Frédéric Aguessy, l’Orchestre Philharmonique de Baden Baden.... Au coeur de l’Alsace, le long de la route des vins...un festival pas tout à fait comme les autres !

Quelle bonne, quelle magnifique surprise et quelle découverte rafraîchissante : alors que la majeure partie des festivals européens se bornent à ressasser jusqu’à la nausée le répertoire confortable, remâché et rabattu (Don Juan, quelle audace !), Montpellier confirme avec grâce son statut de festival à la fois grand public et ouvert sur les répertoires injustement négligés. Il y aura eu Bloch, avec son Macbeth oublié, Respighi et la fantastique Campana Sommersa, Alfano, Pizzetti et bien d’autres. Cette année, la surprise du chef, René Koering en l’occurrence, c’est ce monument que sont les Hauts de Hurlevent d’Emily Brontë, mis en musique par le fascinant Bernard Herrmann, maître incontesté du suspense cinématographique. Ne serait-ce que pour ce grand coup de vent frais, nous serions déjà ravi ; mais il y a encore la musique et quelle musique !

Pour la sixième année consécutive la Région Poitou-Charentes organise le festival « Nuits Romanes ». Ce festival met en valeur les nombreux sites romans de la région avec une série de soixante-dix spectacles (musiques, théâtre, arts du cirque...) qui se déroulent devant ou dans les monuments. Ces spectacles sont suivis ou accompagnés d’une mise en lumière des sites.
La soirée d’ouverture se déroulait à Melle. C’est Christophe Blugeon, le directeur artistique des Soirées lyriques de Sanxay, qui était aux commandes, et plaçait donc cette soirée sous le signe de l’opéra. Il avait invité Sarah Vaysset et Isabelle Druet, révélation lyrique des dernières Victoires de la musique classique, à animer cette soirée melloise. Le concert a également été un heureux mélanges des genres avec deux interventions de l’ensemble Ars Nova qui interpréta avec goût de très beaux tangos.
Le festival savoyard Musique et Nature en Bauges débute ce vendredi sa douzième édition, à laquelle ClassiqueInfo a de nouveau le plaisir de s’associer. Le programme de cette édition sera encore une fois varié et de qualité, avec cette année un fort volet symphonique grâce à la participation du Cheltenham Symphony Orchestra. Du 17 juillet au 22 août, la musique et la nature auront à nouveau rendez-vous dans les églises des villages du massif des Bauges.